Laura pose les mots avec cette précision sèche, une diction qui oscille, glissant tour à tour d’une langue à l’autre – de l’anglais au français -, épousant les méandres des morceaux sans chercher à séduire mais avec la volonté de faire mouche. CC triture la matière, cherche le point de friction. Dans le goulot d’étranglement des studios The Ninety2, on fabrique des pièces de nuit. Cet électro-rock-là déploie des beats d’une froideur implacable, métronomiques, mais il transporte avec lui une évidente chaleur et une sensualité charnelle dans les textures de guitares et le grain de la voix. Rien ici n’est taillé à la serpe ou brut de décoffrage comme pouvait l’être l’artillerie lourde de Shaka Ponk ; c’est un travail d’orfèvre, plus délié, un frisson organique au milieu de la glace.

LAMU, ça ne s’écoute pas d’une oreille distraite.

Play, Holy Water Fever : autant de pièces cousues de fil noir qui avancent en crabe, qui tanguent juste ce qu’il faut, sentant la sueur des fins de répétition. Une chose est sûre : LAMU, ça ne s’écoute pas d’une oreille distraite. Ça s’écoute fort, très fort, pour laisser les basses vous traverser les côtes et les guitares gratter l’espace. Ainsi, vous pourriez bien avoir très chaud en écoutant Poison par exemple.

Photos : Éric Descouts

Le duo affiche d’emblée une volonté manifeste d’en découdre et de démarrer très fort…

Pas question de faire les choses à moitié ni d’observer le terrain de loin : le duo affiche d’emblée une volonté manifeste d’en découdre et de démarrer très fort, avec en point d’orgue cette première date sous haute tension sur la scène du Nouveau Casino à Paris. Une manière de dire que l’an zéro de LAMU ne s’annonce pas en s’excusant, mais en branchant le courant sur l’ampli grand ouvert. On écoute, et tout le reste s’efface.

À revivre : notre live report

logo 2026 web God Save The Kouign : un festival qui a tout bon Lire l’article

Les artistes dont on parle