HORSKH – MTNT : la claque sonore d’une mutation

HORSKH s’est imposé au fil des années comme l’un des groupes français les plus singuliers de la scène industrielle. Parti d’une base EBM et électro-industrielle avec Dawn, le trio a progressivement densifié son propos, injectant metal, grunge, punk et influences électroniques à une musique de plus en plus physique. De Gate à Wire, puis Body, HORSKH n’a cessé de faire évoluer sa formule sans jamais perdre son goût pour les machines, les rythmiques abrasives et l’énergie live.

Avec MTNT, qui sort le 25 septembre, le groupe franchit encore un cap.

Le titre, contraction de « Mutant », résume parfaitement cette nouvelle étape. Mutation du corps, hybridation avec la technologie, intelligence artificielle, dépendance aux écrans, rapport à l’identité ou encore conscience de notre propre finitude. HORSKH parle de transformation, mais surtout il la fait entendre.

Car MTNT surprend dès les premières secondes par sa capacité à faire cohabiter des univers qui semblaient parfois éloignés. L’industriel reste bien présent, massif et mécanique, mais il se confronte désormais à des mélodies plus affirmées, au grunge, au punk, au metal, à la synthwave et à des passages presque dansants. L’évolution amorcée sur Wire et Body trouve ici une forme particulièrement aboutie. HORSKH ne cherche plus seulement à cogner, il cherche à multiplier les sensations.

« Bad Glitch » donne immédiatement le ton avec ses machines agressives et son énergie implacable. « Strange Game », « Target Fades » ou « Quicksand » poursuivent cette alternance entre tension, groove, mélodies et décharges électriques. « Twisted Flesh » est une véritable déflagration grunge/industrielle, agressive et viscérale, que le groupe rapproche lui-même d’un « Nirvana sous amphétamine ». « Dream » nous replonge dans une atmosphère plus dissonante et inquiétante.

Mais deux morceaux permettent surtout de mesurer l’amplitude parcourue. D’un côté, « The Party Is Over » joue la carte de la mélancolie électrique avec un côté plus sombre, plus posé, presque hypnotique, il laisse derrière lui la fureur industrielle pour installer une tension beaucoup plus intérieure… De l’autre, « Connected », collaboration avec Carpenter Brut, fait basculer HORSKH vers une synthwave beaucoup plus lumineuse, dansante et addictive. Deux morceaux presque opposés, mais qui trouvent pourtant leur place dans le même univers.

Et c’est sans doute là que réside la réussite de MTNT. Plutôt que de choisir entre violence et mélodie, entre metal et électronique, entre club et scène rock, HORSKH décide de tout faire entrer dans la même machine.

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« Cet album est le plus extrême et aventureux de HORSKH. Certains seront surpris ! Pour moi, c’est largement notre meilleur disque. Tous les curseurs ont été poussés plus loin : c’est plus violent, plus mélodique, plus grunge, plus indus ! Je voulais faire un album bavard, dans la lignée de pas mal de groupes de metal moderne qui s’affranchissent de nombreuses barrières. MTNT parle de mutations — intimes, sociales et technologiques. Transformer est à la fois une force créative et un symbole d’étrangeté. » (Bastien Hennaut – Principal compositeur)

La découverte de cet album est une véritable claque sonore. Innovant et surprenant dans la trajectoire du groupe, MTNT donne constamment envie de monter le volume. Les morceaux sont courts, directs, physiques, et semblent conçus pour être ressentis autant qu’écoutés. Avec cet album, le groupe confirme surtout qu’il n’a pas fini de muter. Et après une telle décharge, une seule envie demeure : écouter l’album à fond et vivre cette expérience en live !

Ombre Futile (Instagram)

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