Ah, si tu savais…

Le nom “Red Gordon” a une résonance presque cinématographique. D’où vient-il ? Est-ce un personnage, un concept, ou quelque chose de plus personnel ?

Tao : Ah, si tu savais… (rires).
C’est très personnel, mais Red Gordon n’a rien à voir avec mon personnage ou ce que je suis sur scène. C’est un nom qu’on a trouvé au tout début du groupe. Et, oui… il y a un lien avec une bière.

Aurelien : Oui, c’est venu d’une soirée où on buvait de la Gordon Red. On a trouvé que la typo était sympa, le nom sonnait bien… et voilà, c’est resté. Littéralement, c’est comme ça que le groupe a eu son nom.

Votre son fusionne groove metal, metalcore et nu-metal. Comment se passe le processus de composition ? Travaillez-vous collectivement en répétition ou chacun de son côté avant de tout assembler ? Chacun apporte-t-il ses propres influences ?

Lucas : On fonctionne beaucoup à l’instinct. Chacun apporte ses influences, tout ce qu’on écoute depuis qu’on est dans le metal. On compose souvent en partant d’une base instrumentale qu’on propose en répète ou à distance, puis Tao vient poser un texte dessus. Ça se construit comme ça, à plusieurs mains, mais toujours dans l’énergie.

Tao : En fait, on met tout ce qu’on aime dans un pot, on secoue, et ça donne notre son. On ne se met pas de barrières de style : tant que ça nous fait bouger la tête, on y va.

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Notre musique est viscérale, brutale, et ma voix se place là-dessus naturellement

Au-delà de l’énergie brute et de l’agressivité sonore, on sent une vraie intention artistique. Quelle est votre philosophie musicale ? Y a-t-il des thématiques que vous n’avez pas encore abordées mais que vous aimeriez explorer ?

Tao : Pour l’instant, on n’a pas forcément de thématiques « à venir » en tête, parce qu’on est déjà très ancrés dans ce qu’on veut dire.
On parle beaucoup de l’humain, de sa psychologie, de sa manière de voir le monde, de ses contradictions, de ses vices aussi.
Notre musique est viscérale, brutale, et ma voix se place là-dessus naturellement. Le demi-masque que je porte sur scène symbolise cette part intérieure qu’on cache souvent, mais qu’il faudrait affronter. Pour moi, ça a été un vrai outil d’expression, presque thérapeutique.

Y a-t-il un moment sur scène où vous avez senti un déclic, une bascule, un concert où vous vous êtes dit : “C’est là qu’on doit être” ?

Tao : Il y en a eu plusieurs, mais si je devais en retenir un, ce serait le FuriosFest à Saint-Flour, pour la première édition (retrouvez sur HexaLive l’interview de Christophe Bourry, patron du FuriosFest, ndlr).
C’était un vrai pari, et malgré le contexte post-COVID, il y avait pas mal de monde. On sortait d’une grosse remise en question, on avait beaucoup bossé, ajusté notre approche… et là, on a senti que tout le travail payait. C’était un tournant.

Lucas : Oui, clairement. C’est à cette période que notre line-up s’est vraiment stabilisé. À partir de là, on a compris dans quelle direction on allait, et depuis, tout est plus clair. On avance ensemble.

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Et on est allés plus loin, à tous les niveaux

Votre deuxième album, Nothing Less Than Everything (Rien de moins que tout), est sorti en octobre 2024. Pourquoi ce titre ? Que symbolise-t-il pour vous en tant que groupe ?

Tao : Ce titre, c’est exactement ce qu’il dit : rien de moins que tout. C’est un album dans lequel on a mis toute notre énergie, tout ce qu’on sait faire, toute notre brutalité, notre sincérité. Il y a tout dedans.

Lucas : C’est aussi un tournant pour nous, sur le plan professionnel. On y a mis plus de moyens, on a appris de nos erreurs du premier album, on a pris du recul… et on est allés plus loin, à tous les niveaux. C’est un album charnière pour nous.

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Merci a Tao (chant) / Aurélien (guitare) / Johann (basse) / Lucas (batterie)

Interview réalisée par Jean-Michel O (instagram) et Johanna Mechineau (instagram)

Retrouvez Red Gordon sur leur site officiel, YouTube et instagram

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