Cette 40e édition du Festival de Marne est évidemment symbolique. Quelle vision a guidé sa construction ?
L’envie surtout de mettre le territoire et ses habitants au centre de cet anniversaire, d’aller à la rencontre du plus grand nombre de Val-de-Marnais et Val-de-Marnaises possible ! Mais aussi de s’attacher aux figures un peu historiques du département, comme Laurent Voulzy, en proposant une création originale autour de son répertoire, portée par la nouvelle génération !
Le Festival de Marne est, par nature, très étroitement lié au Val-de-Marne. Dans quelle mesure le territoire, ses salles et ses publics façonnent-ils aujourd’hui l’identité artistique du festival ?
Comme tous les territoires, le Val-de-Marne est un département très hétérogène, avec des zones de grande densité et d’autres plus rurales, des zones accessibles par le métro ou le RER et d’autres plus isolées.
Nous nous attachons à vraiment connaître et identifier toutes ces spécificités pour construire une programmation accessible au plus grand nombre. Nous essayons aussi d’aller vers des propositions toujours aussi exigeantes mais populaires, d’être à l’écoute de ces publics que nous commençons à connaître. Nous essayons aussi de continuer à les surprendre, et nous avons la chance d’avoir un public curieux, à l’écoute des nouveautés, de l’émergence et des créations !
La vitalité de ce département est incroyable, presque unique en France !
Étant nous-mêmes basés dans le Val-de-Marne, nous sommes particulièrement attentifs à ce qui s’y passe culturellement. Comment voyez-vous évoluer aujourd’hui le paysage culturel du département ?
La vitalité de ce département est incroyable, presque unique en France ! Le Val-de-Marne abrite une scène nationale, une biennale de théâtre, une biennale de danse, un centre chorégraphique national, un festival de Jazz, un festival de musiques actuelles… Et sans parler des formidables théâtres dans chaque ville, portés par des directions engagées pour la culture ! Ce maillage exceptionnel donne confiance en l’évolution de notre paysage culturel local, et cette confiance est renforcée par l’arrivée dans plusieurs lieux de nouvelles directions très en veille aussi sur l’émergence et celles et ceux qui feront la scène de demain. Nous échangeons aussi beaucoup sur la détection de ces jeunes talents locaux, parce que c’est sans doute sur ce point-là, le repérage, qu’il faut encore renforcer nos actions collectives.
Y a-t-il dans cette édition des choix que vous considérez comme de véritables paris artistiques ?
Oui, comme sur chaque édition ! Mais cette année nous accompagnons un jeune producteur de musiques électroniques, nous diffusons sur 3 dates une création inédite, c’est un vrai pari de mobiliser le public autour d’un plateau qu’il ne connait pas encore !
C’est un vrai pari de mobiliser le public autour d’un plateau qu’il ne connait pas encore !
À quelques jours du lancement, de quoi êtes-vous aujourd’hui particulièrement satisfaite, vous et votre équipe ?
Beaucoup de choses nous rendent toutes et tous heureux sur cette édition, mais je crois que notre plus grande fierté se situe à trois endroits : l’irrigation du territoire et ce travail autour de l’équité d’accès aux concerts, la parité – parfaitement respectée -, et aussi la diversité des propositions, avec des musiques du monde, de la chanson émergente aux côtés de têtes d’affiches, et même pour la première fois un plateau 100% métal !
À l’inverse, quels ont été les principaux défis ou arbitrages dans la préparation de cette édition ?
Nous sommes dans une année d’élections municipales, où de nouveaux élus sont arrivés dans les villes, ou des équipes ont changé, et ça a impliqué parfois de réinventer un peu la relation avec certaines villes. C’était un peu l’inconnu, nous nous demandions si le festival allait rester une priorité pour les nouveaux élus, si nous serions alignés sur la direction artistique, etc. Ça a pu ralentir un peu le processus, mais nous avons été très heureux de constater un enthousiasme intact, et d’avoir pu maintenir tous nos partenariats !
On est tellement fiers de cette exposition
Quelles sont les nouveautés de cette 40e édition que vous avez particulièrement envie de mettre en avant ?
Notre première exposition photo, au théâtre Claude Debussy de Maisons-Alfort jusqu’à la fin du festival ! On est tellement fiers de cette exposition, et du travail de Marina Viguier et Aurélie Sauffier, qui ont su retranscrire en photo la vie du festival, coté scène, public et coulisses.
Il y a aussi la diffusion de notre création sur 3 dates, et un superbe plateau avec PR2B et Asfar Shamsi à Vitry-sur-Seine, on voulait raconter quelque chose de la jeune scène actuelle avec ce plateau.

Parmi tous les rendez-vous de cette édition, y en a-t-il un que vous attendez personnellement avec une impatience particulière ?
Je dois reconnaitre avoir une impatience un peu prononcée pour le concert de Clou avec les élèves de l’école de musique de Joinville. Je trouve ça formidable de pouvoir travailler avec ces jeunes du département, de leur proposer de côtoyer une artiste et son public, pendant le festival sur une scène du festival ! je rêvais depuis longtemps d’un projet comme celui-là.
À la fin du festival, qu’est-ce qui vous fera dire que cette 40e édition a été une réussite ?
Les remplissages sont bons, alors vraiment si les gens sont heureux, les artistes aussi, alors nous le serons !
Après cette édition anniversaire, quelles sont déjà vos réflexions ou ambitions pour la prochaine édition et, plus largement, pour l’avenir du Festival de Marne ?
Continuer à défendre des artistes pluriels, à parler de musique aussi autrement et au travers de toutes les formes de création, et surtout de renforcer encore l’itinérance culturelle.
Interview réalisée par Arnaud Guignant