Vingt-cinq ans de notes sous les doigts, et puis ce disque qui arrive. Une semaine sur deux. Un pli dans le temps. C’est l’histoire d’un fracas discret, d’une maison qu’on fend en deux parts égales, et de ce qu’on fait du silence quand la porte s’referme. Rencontre avec un type qui avance en équilibre, guitare en bandoulière, sur la ligne mince de la coparentalité.

Un disque pour l’après, pas pour les ruines
La chute n’est qu’un décor. Ce qui compte, c’est ce qui pousse entre les décombres. Comment on reste là, planté droit, quand le calendrier change de couleur au milieu du mois. Tété ne joue pas au grand sage. Il regarde la statistique, cette banalité des vies qu’on déplace dans des cartons, et il s’arrête sur le geste. Tenir bon. Remettre les pendules à l’heure du foyer qui alterne. Une chanson, c’est peu, mais c’est un endroit où poser les pieds quand le plancher tangue.

« Vertiges du Seum » : la voix qui sort du rang
Le premier morceau prend les choses à la gorge. Il y a ce nom, cette adresse cachée pour une mère, et puis l’écho. Surtout l’écho. Des centaines de gens qui répondent depuis le fond de leur propre silence. On ne chante pas pour panser sa petite personne ; on chante pour que l’autre, au fond de sa cuisine, se dise qu’il n’est pas le seul à compter les carreaux du plafond. La musique comme un miroir tendu dans la nuit.

Le pas de côté de la garde alternée
Pas de leçons. Jamais. Chacun bricole sa semaine comme il peut. Avec les sous qu’on a, la route qu’on se tape entre deux apparts, et le regard qu’on pose sur les mères qui portent tout, seules, le poids des murs et de l’heure qui tourne. Derrière la formule, il y a la vraie vie : celle qui fatigue les genoux et demande à ce qu’on redessine les contours du monde à chaque lundi matin.

La tournée qui donne corps aux choses
Et puis il y a la route. Pas seulement pour chanter, mais pour faire un geste. Un vrai. Sur scène, les décors se font légers, faits des objets que les gens apportent. Des jouets, des vieux meubles, des bouts de quotidien. On voyage moins lourd pour la planète, et à la sortie, tout est donné. Distribué à celles qui courent après le temps et les factures. La boucle est bouclée. Le disque n’est plus seulement un disque : c’est un point de rencontre, franc, sans vernis, pour dire qu’on est là.

Une semaine sur deux, le 13 novembre prochain, c’est sera un double-album : 10 titres interprétés en groupe et leur version voix/guitare en miroir. Dans l’immédiat, vous pouvez déjà écouter à loisir deux titres (Vertige Du Seum + le titre éponyme), chacun en groupe et en voix/guitare. Et cette démarche artistique a vraiment son charme.

Et une première vidéo officielle, bien sûr :